Documentaire • 27 minutes • 2026
Réalisation : Arnold Pasquier
Avec Coline Guével
Réalisé dans l'atelier de Christiane Durand, en décembre 2025, à Vanves, avec l'aide de la Dotation Portrait Vidéo, Fonds de soutien de l'ADAGP.
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« Au début de ma pratique de peintre, au début des années 70, je pars d’une figuration stylisée, presque comme une écriture, puis je m’oriente vers un geste plus libre, influencé par la calligraphie asiatique et les rythmes de la Beat Generation. Mes formes répétées deviennent des structures, puis des colonnes, qui se métamorphosent en figures végétales ou animales, puis en corps féminins allongés, sortes de Vénus ou d’Ophélie. Je ressens alors le besoin d’aller vers l’Autre, de peindre une réalité plus incarnée. Je me tourne alors vers le portrait, mais issu d’un échange, d’un dialogue autour de thèmes — l’amour, le travestissement, les insectes, le sable, les pays, les conversations… où le modèle choisit sa mise en scène. Avec mon installation dans un nouvel atelier, je découvre un parc proche, source d’une série intitulée Les Jardin secret, centrée sur la relation entre les arbres. Je poursuis ce travail avec des empreintes d’écorces, comme si la nature elle-même me livrait ses traces. Cette série, Mémoire d’écorces, sera exposée en mars 2026 à la galerie Area. » Christiane Durand, mai 2025
Ce court-métrage propose une immersion dans l’univers de la peintre Christiane Durand. Née en 1948 à Albi et installée à Paris depuis 1973, son œuvre, d’abord non figurative, devient dans les années 1980 le théâtre d’un éclat de couleurs, de motifs oniriques, de figures traversées par des influences multiples. Christiane Durand peint avec intensité : visages, animaux, symboles s’entrelacent dans des compositions foisonnantes, viscérales et lumineuses, qui évoquent autant les mythologies personnelles que les grands récits collectifs.
Ce film est aussi le fruit d’une relation ancienne et singulière : depuis 1991, je suis l’un de ses modèles. Cette collaboration artistique s’est construite sur plus de trois décennies et s’est inscrite dans des séries majeures de son œuvre : Rencontres parisiennes, À travers les sables, L’énigme des rêves, Conversations. Cette position de modèle, à la fois intime et active (les modèles sont sollicités pour participer à la construction narrative de l’œuvre), me donne aujourd’hui un accès privilégié à sa démarche. Elle m’offre un point de vue rare, non pas seulement en tant qu’observateur, mais en tant que participant à l’élaboration du projet pictural. Nous avons l’un et l’autre, fait l’objet d’un film de court métrage Le Peintre et son Modèle réalisé par Annie-Madeleine Gonzalez en 1993.
Le film propose enregistrer les gestes et la parole d’une peintre et manifester ce lien entre une artiste et son modèle, cherchant à rendre visible ce qui échappe.
“At the beginning of my painting practice, in the early 1970s, I worked from a stylized form of figuration, almost like writing. I then gradually moved toward a freer gesture, influenced by Asian calligraphy and the rhythms of the Beat Generation. My repeated forms became structures, then columns, which slowly transformed into vegetal or animal figures, and later into elongated female bodies, kinds of Venuses or Ophelias.
I then felt the need to move toward the Other, to paint a more embodied reality. I turned to portraiture, but one born from exchange — from dialogue around themes such as love, cross-dressing, insects, sand, countries, conversations… in which the model chooses their own staging.
After moving into a new studio, I discovered a nearby park that became the source of a series entitled The Secret Gardens, centered on the relationships between trees. I continued this work through bark impressions, as though nature itself were offering me its traces. This series, Memory of Bark, will be exhibited in March 2026 at Galerie Area.” — Christiane Durand, May 2025
This short film offers an immersion into the world of the painter Christiane Durand. Born in 1948 in Albi and based in Paris since 1973, her work, initially non-figurative, became in the 1980s the site of an explosion of colors, dreamlike motifs, and figures shaped by multiple influences. Christiane Durand paints with intensity: faces, animals, and symbols intertwine within dense, visceral, and luminous compositions that evoke both personal mythologies and larger collective narratives.
This film is also the result of a long and singular relationship: since 1991, I have been one of her models. This artistic collaboration has unfolded over more than three decades and has become part of several major series in her body of work: Rencontres parisiennes, À travers les sables, L’énigme des rêves, and Conversations. This position as a model — both intimate and active, since the models themselves are invited to participate in the narrative construction of the work — now gives me privileged access to her artistic process. It offers me a rare point of view, not only as an observer, but as a participant in the elaboration of the pictorial project.
Both of us were also the subjects of the short film The Painter and Her Model, directed by Annie-Madeleine Gonzalez in 1993.
The film seeks to record the gestures and words of a painter, while revealing the bond between an artist and her model, attempting to make visible that which usually escapes perception.
Images issues des rushs. Certaines d'entres-elles (dans la réserve) ne figurent pas dans le montage final
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