Performance, 13 juillet 2017, festival VERBO, Galeria Vermelho, São Paulo, Brésil
La réalisation de ce film/performance s’inscrit dans un projet intitulé « L’amour moderne ». Cette série propose d’inventer les conditions d’une aventure amoureuse en relation avec un paysage et de concevoir la représentation d'un amour contemporain.
Commencée à Paris en mars 2017, lors d’un atelier à la Fémis avec des étudiants du Conservatoire d’art dramatique en mars, elle s'est poursuivi à Palerme en juin et s’est invité dans le cadre du festival VERBO de la Galeria Vermelhio en juillet de la même année.
Ce projet prend appui sur l’œuvre cinématographique de Chantal Akerman Toute une nuit (1982). Ce film, qui se déroule le temps d’une nuit d’été à Bruxelles, raconte les expériences amoureuses d’un ensemble de personnes dont nous ne saurons rien d’autre que leurs tentatives d’approcher le corps de l’autre. Cette réalisation prolonge l’expérience vécue par la réalisatrice lors du tournage du documentaire Un jour Pina a demandé auprès de la compagnie du Tanztheater de Pina Bausch. C’est, en quelque sorte, la réponse d’Akerman à la puissance du travail sentimental de Pina Bausch. Akerman déplace l’univers bauschien dans des appartements, des rues, des espaces publics de Bruxelles. Elle construit un théâtre à sa mesure, à la fois pudique, mélancolique et furieux.
Nous avons présenté à São Paulo une performance en forme de film d’amour, peut-être lui-même l’invention d’une forme d’aimer. J'ai proposé à trois danseurs d’écrire une partition de rencontres amoureuses, autant d’épisodes d’une carte du tendre moderne. Ce qui est moderne, c’est la liberté que nous prenons à explorer les dimensions de l’amour, envisager des points de vue sur ces rencontres, sur la façon d’agencer les corps dans l’espace, de les faire résonner avec leur environnement. C'est une suite de propositions qui déploient un panorama sentimental.
Un film de 30 minutes est projeté, un plan séquence d’une marche le long de la voie rapide "Via Elevada Presidente João Goulart" (de son entrée jusqu’à la Praça Franklin Roosevelt - Consolação). Dans l'image du film sont pratiqué des « blancs » ; ces espaces de quelques minutes sont les moments d’interprétation sur scène, devant l’écran, dans le faisceau lumineux du projecteur. Ainsi, le film de la marche le long du Minhocão est complété, mis en perspective, amplifié, interprété par ces scènes d’amour.
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