Bande-annonce Si c'est une île, c'est la Sicile. 1'49

2013 • fiction • 44' • HD
un film de  Arnold Pasquier
assisté de Clément Postec
montage Dominique Auvray
son Greg Le Maître 
étalonnage Ishrann Silgidjian
avec Adrien Apoteker, Edouard Bergeret, Jérôme Bernard, Marc Bertier, Alexandra Bertin, Damiano Ottavio Bigi, Léo Bonaventure, Jésus Borges, Maxime Bougon, Thibault Boutherin, Claire Bunelle, Rémi C., Stéphanie Ditche, Arthur Eskenazi, Christine Fleuret, Laure Franques, Guillaume Gandoin, Hugo Godart, Laura Godin, Michel Gravero, Juliette Guichard, Guillaume Guilbert, Pierre Guéret, Louison Hacquin, Louise Hakim, Margaux Korvarec, Gérald Kurdian, Melissa Lalanne, Noémie Ledu, Manuela Lo Cascio, Laura Louvignes, Timothée Magot, Élodie Martin, Arthur Meillere, Nedjma Merahi, Thusnelda Mercy, Philippe Merle, Marie Mur, Sarah Nilles, Ingrid Noual, Valentine Piacentino, Pierre-Alexandre Poix, Benoît Pouvreau, Marika Rizzi, Grégoire Saint-Martin, Salvatore Sclafani, Liliana Scuderi, Nicolas Siffermann, Mario Trentanelli, Lydie Vaysse, Sébastien Viaud.
Un film soutenu par le Département de la Seine-Saint-Denis dans le cadre de la résidence "Côté court" 2011. 
Écrit en résidence au Moulin d'Andé - Céci, Centre des écritures cinématographique.
Extrait de la conférence "Ce que l'architecture me fait", présentée à l'école d'architecture de Paris-Belleville, le jeudi 28 mars 2019.
"L’obtention d’une bourse de résidence en juin 2011 dans le cadre du Festival Côté court de Pantin a conclu quatre années d’écritures et de recherches intermittentes autour d’un projet de film de fiction qui avait pour thème la disparition mystérieuse des artistes de la surface de la terre et l’invention d’une communauté de survivants. De projets en versions, le film a cherché un territoire de production qui voudrait bien l’accueillir. Ce sera Pantin, et Gibellina, en Sicile. Le premier temps de la résidence a consisté en des marches dans la ville de Pantin, plans à la main, pour découvrir les lieux et établir une cartographie du film. Je m’approchais des limites, frontières géographiques de la commune, difficilement discernables dans le tissu urbain relativement homogènes de la banlieue de Paris. Je découvrais des sites remarquables, la cité des Courtillières et son « serpentin », le canal de l’Ourcq, la colline de Romainville… Je rapportais des photographies qui constituaient la scénographie où réinventer l’histoire. Avec Clément Postec, assistant sur le film, nous avons pris rendez-vous avec tout ce que la ville comptait d’institutions et d’organisations culturelles. Nous exposions le projet du film et insistions sur son principe participatif. Il se réaliserait en fonction des rencontres, avec ceux qui nous rejoindraient. Il y eu huit ateliers de tournage répartis entre février et juin 2012. Ces ateliers, d’une durée d’un à cinq jours, proposaient aux participants une formule qui comprenait des répétitions le matin à partir de thèmes d’improvisations, filmées l’après-midi. Les thèmes étaient issus d’un ensemble de « titres », phrases inspirées des « mots-clés » de la méthode d’improvisation de la chorégraphe allemande Pina Bausch. Ces phrases ouvraient des champs d’improvisations autours des différents moments dramatiques du film : « arriver après la fuite » ; « se rassembler » ; « inventer une nouvelle vie » ; « fuir à nouveau ». Le film s’est écrit à partir des réponses des interprètes et des propositions collectives. J’étais à l’époque enseignant à l’école d’architecture de Paris-Malaquais et j’ai proposé un workshop qui a été intégré au processus d’écriture du film. Voici un extrait du texte de présentation de ce workshop aux étudiants : « Pantin, ville de banlieue au nord-est de Paris, a la particularité d’être coupée en deux par une large zone de fret ferroviaire ; le canal de l’Ourcq et le cimetière parisien. Le quartier de la Courtillières se trouve ainsi séparé du centre-ville et apparaît sur la carte comme une excroissance, enclose dans la ville d’Aubervilliers, sa voisine. Au centre de cette poche se trouve un ensemble de logements HLM construit en 1966 par l’architecte Émile Aillaud : Les Courtillières. Le dessin de cette cité est emblématique des recherches utopistes de l’architecte ; c’est un grand serpentin en forme de nuage, proposant en son centre un parc paysager, protégé, à l’usage des habitants. Aujourd’hui, l’ensemble du site fait l’objet d’une rénovation globale. C’est une opération qui a suscité une vive polémique dans les milieux architecturaux, car, outre une réhabilitation des appartements et des espaces communs, les couleurs des façades ont été modifiées et le serpentin tronçonné pour décloisonner le parc, propice aux trafics et aux agressions. Je propose aux étudiants une immersion dans le site de la Courtillières et la création d’un campement éphémère dans le parc, en regard, en friction, et à la (dé)mesure de l’utopie d’Émile Aillaud. L’argument de la fiction du film est le suivant : tous les artistes disparaissent mystérieusement de la surface de la terre, sans raisons. Un groupe de jeunes architectes échappe temporairement à cette menace en se réfugiant à Pantin, territoire provisoirement, et de façon inexplicable, à l’abri du danger. Les architectes investissent le parc des Courtillières et installent un campement éphémère. La conception et la construction de cet habitat est l’objet de conversations, de débats, d’oppositions, d’inventions. Elle s’inspire des recherches qui ont prévalus à la construction de la cité des Courtillières, à la fois poétique et transgressive. »
Dans l’extrait que je vous présente, vous allez voir deux parties distinctes, une première qui regroupe des acteurs amateurs qui ont participés aux ateliers répétition/improvisation/tournage puis une séquence avec les étudiants de l’école d’architecture, dans le cadre du workshop.
Le tournage s’est achevé par un court séjour en Sicile qui a permis de travailler avec un groupe d’artistes dans la ville de Gibellina que l’on retrouvera plus tard."
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